Construire un bâtiment ne consiste pas seulement à poser des fondations, monter des murs et installer un toit. Sa sécurité dépend aussi des études réalisées en amont, des matériaux utilisés, des compétences des professionnels et du suivi des travaux. En Haïti, où les bâtiments sont exposés notamment aux séismes et aux cyclones, ces éléments sont essentiels pour limiter les risques et construire des ouvrages plus sûrs. C’est dans ce contexte que s’inscrit le travail de BACOP Construction (Bureau d’Architecture et de Construction Parasismique), une entreprise haïtienne qui intervient à différentes étapes des projets de construction. À travers les réponses de l’ingénieur Gérald Fortuné, nous découvrons les défis auxquels le secteur est confronté et les pistes qu’il propose pour améliorer les pratiques en Haïti.
De la conception au renforcement des bâtiments
BACOP Construction intervient dans la réalisation de nouveaux projets ainsi que dans l’évaluation, la réparation et le renforcement de bâtiments existants. Ses activités couvrent les études, la conception, l’exécution et la supervision des travaux. L’entreprise s’engage également dans la formation technique et la promotion des bonnes pratiques de construction parasismique et paracyclonique. Comme le souligne l’ingénieur Gérald Fortuné, sa mission est de contribuer à « un secteur de la construction plus sûr et plus résilient en Haïti », notamment grâce à la formation continue des professionnels.
Champs d’intervention de BACOP Construction
« Un secteur de la construction plus sûr et plus résilient en Haïti »
La résilience d’un bâtiment se construit dès sa conception
Selon l'ingénieur Gérald Fortuné, responsable de BACOP, la sécurité d’une construction repose sur plusieurs éléments à prendre en compte tout au long du projet : la qualité des études et de la conception, le respect des normes, la compétence des professionnels, le choix des matériaux et le contrôle des travaux. Ces éléments sont indissociables : un plan bien conçu ne suffit pas si les matériaux ne répondent pas aux exigences du projet, et des matériaux de qualité ne garantissent pas un bâtiment sûr si les travaux sont mal exécutés ou insuffisamment contrôlés. Les bonnes pratiques doivent donc être appliquées à chaque étape, de la conception jusqu’au contrôle de l’exécution.
Les piliers de la sécurité d’un bâtiment
Chaque élément est nécessaire : aucun ne suffit à lui seul.
La construction parasismique : de la norme au chantier
Pour construire des bâtiments capables de mieux résister aux séismes, les professionnels doivent non seulement connaître les normes, mais aussi savoir les appliquer. BACOP considère le renforcement des compétences et l’application effective des bonnes pratiques parasismiques comme des enjeux majeurs en Haïti. Une faiblesse à une seule étape du processus, des études à la supervision, peut en effet compromettre la qualité finale de l’ouvrage.
Sur le terrain, plusieurs obstacles persistent : l’accès parfois difficile à des matériaux de qualité, le manque de professionnels suffisamment formés, le respect insuffisant des normes et le contrôle irrégulier des travaux. La supervision joue ici un rôle clé, car elle permet de suivre l’exécution du chantier et de vérifier que les travaux respectent les exigences du projet.
Pour l’ingénieur Gérald Fortuné, ces difficultés ne sont pas insurmontables : elles représentent aussi des possibilités d’amélioration. BACOP préconise une évolution progressive des pratiques grâce à la formation continue, à la sensibilisation, à une meilleure supervision et à une collaboration plus étroite entre les acteurs. L’enjeu est autant de transmettre les connaissances que de permettre aux professionnels de les appliquer concrètement sur le terrain.
Une responsabilité partagée par tous les acteurs
L’amélioration des constructions ne dépend pas uniquement des architectes, des ingénieurs et des entrepreneurs. Gérald Fortuné insiste aussi sur la sensibilisation des maîtres d’ouvrage, c’est-à-dire les personnes ou organisations qui commandent et financent les projets. Mieux informés, ils peuvent comprendre les choix techniques, leurs conséquences et l’importance de privilégier la qualité et la sécurité, car les décisions prises au moment de concevoir, de financer et de réaliser un projet ont toutes une incidence sur le résultat final.
BACOP souligne également l’importance de sensibiliser le public et de renforcer la collaboration entre les intervenants. Un projet de construction mobilise plusieurs acteurs, dont les décisions doivent être coordonnées pour que les exigences de qualité et de sécurité soient prises en compte. Pour l’avenir, l’objectif est de transformer ces principes en pratiques concrètes, afin que ces exigences se retrouvent réellement sur les chantiers et que le secteur haïtien soit plus sûr, plus performant et mieux préparé aux risques.
Construire mieux, ensemble
La sécurité d’un bâtiment ne dépend pas d’un seul élément, mais de la qualité de chaque étape, des études au suivi des travaux. À travers ses activités de construction, de renforcement et de formation, BACOP Construction entend contribuer à l’amélioration des pratiques en Haïti. C’est en réunissant ces efforts que le secteur pourra mieux faire face aux risques sismiques et cycloniques et construire des bâtiments plus sûrs et plus durables.
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